La Maison en A d'Elizabeth Faure filmee par Morgane Launay
Jugeote

Elizabeth Faure, architecte résolue + Morgane Launay, photographe réalisatrice = La Maison en A

Morgane Launay a fait partie de l’aventure de feu mon média My Global Bordeaux en enrichissant la team des photographes qui illustraient toujours en beauté et avec talent les sujets traités. C’est même une de ses photos qui avait fait la une de l’article rédigé par Rue89 Bordeaux pour annoncer et expliquer la fin de MGB dont Jugeote, le ci-devant webzine, est le successeur.

Déjà à l’époque (en 2014), elle m’avait parlé de son projet de film, en cours de réalisation, dont elle m’avait montré un extrait qui avait autant su exciter ma curiosité que donné furieusement envie de le voir en entier.

Deux ans plus tard, mon souhait est en passe de se réaliser. Le film est terminé et fin prêt à être diffusé.

Intitulé La Maison en A, le documentaire part d’une simple idée : Elizabeth Faure, architecte, imagine une maison pas chère et facile à construire.

Lorsqu’elle doit quitter son ancienne maison, elle s’arme de son esprit bricoleur et de sa débrouillardise pour s’en construire une elle-même.

A travers ce projet, elle veut démontrer que chacun peut aller au bout de ses rêves.

Elizabeth Faure par Morgane Launay

Aventure amicale et humaine, le point de départ de «La Maison en A»

Morgane raconte : « Elizabeth a 65 ans, elle est architecte. Ce jour là, elle me montre le terrain qu’elle veut acheter pour construire sa maison. Elle se tient debout près d’un des plots qui  délimite son emplacement.

On ne voit pas bien son visage, mais elle est heureuse, elle domine la campagne. Elle est belle avec son t-shirt tâché et son vieux treillis troué .
Ce jour là, c’est moi qui ai pris la photo. C’est le moment où j’ai décidé de la suivre dans son aventure. Pour moi, cette femme, une amie depuis mon enfance, a toujours été un exemple de force et de courage.

Quand elle s’est racontée cette journée, j’ai pu saisir l’ampleur de l’idée, une maison à soi, mais qui ne coûterait pas grand chose. Elle veut la partager avec les autres, leur donner les plans et les aider pour qu’ils puissent à leur tour se construire un chez soi. »

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Le projet de « maison en A »

L’idée d’Elizabeth qui est à l’origine de cette maison n’est pas compliquée. Elle en parle en mimant un triangle avec ses mains, une structure basique en forme de A , « Tout ce dont les gens ont besoin, c’est d’un toit ». On peut construire soi-même cette maison en quelques jours,  un « toit » de 25 m2 pour 6000 euros, sans main d’oeuvre professionnelle.

Pour elle, c’est le projet parfait pour les gens qui n’ont pas beaucoup d’argent, elle le propose à différentes associations qui n’adhèrent pas, ayant déjà leurs propres projets.

Pour mener à bien ce qu’elle imagine, elle reprend un modèle d’habitat ancestral comme le tipi ou les cabanes qu’on se construit enfant.

Son apport, sa spécificité, ce sont des matériaux peu chers et l’idée de communauté autour de plusieurs projets de construction.
Elle a décidé de prouver la faisabilité du projet, elle fait les choses en grand et décline son premier projet, la sienne fera 120 m2 pour 40 000 euros. Elle dit que c’est le projet de toute une vie, qui a commencé à 17 ans, quand elle a commencé à étudier l’architecture dans l’optique d’aider ceux qui n’ont pas beaucoup de moyens.

Cette construction se revendique aussi d’un projet communautaire, pour démocratiser la construction de ce genre de logements.
Même si cette grande maison elle la fait pour elle-même,  elle l’a dessinée pour les autres  et garde en tête l’idée qu’elle pourra la décliner pour eux.
Cette construction arrive à un moment charnière de la vie d’Elizabeth. 65 ans, c’est l’aube de la vieillesse. En France, c’est l’année symbolique de la retraite. Cela pose donc une question qui  semble plus importante, celle des limites d’âge, de force et de sexe que les gens peuvent s’imposer à eux-mêmes.

Le propos que Morgane veut dégager de son film, au delà d’une belle aventure humaine, et du portrait d’une femme atypique, c’est l’idée qu’une alternative est possible. Qu’avec des idées et de la volonté, chacun peut aller au bout de ses projets.

Elizabeth

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Elle est le pilier de cette aventure.
Du haut de ses 65 ans, c’est une femme indépendante, énergique et attachante. Elle a eu un parcours hors norme entre l’architecture, la peinture et la calligraphie japonaise. Elle a quitté la France très jeune pour étudier l’architecture. Après avoir vécu à New York, au Maroc et en Angleterre durant une grande partie de sa vie, elle est tombée amoureuse de la Dordogne et est revenue s’installer en France.
Elle vit dans une économie assez réduite, étant bénéficiaire du minimum retraite et ayant vendu sa maison au début du projet. Elle est hébergée chez un ami et espère pouvoir au plus vite acheter le terrain pour se construire un abri de jardin dans lequel elle vivra pendant les travaux.
C’est une fonceuse avec une vie organisée. Elle se lève tous les jours à 6h du matin pour maintenir son planning et avancer sur son projet, petit à petit.

& co

Elizabeth vit seule, accompagnée de sa petite chienne Lyla, qui la suit partout. C’est une personne accueillante qui a le contact facile. Chez elle, il se passe rarement un jour sans qu’elle ait de la visite.
La personne la plus important à ses yeux, c’est Hugh, son meilleur ami anglais qui vient régulièrement passer ses vacances chez elle. Il travaille dans le bâtiment en Angleterre, elle l’appelle souvent pour lui demander des conseils car il est très technique, minutieux et précis. Il a prévu de venir passer tous ses congés sur le chantier car c’est aussi un passionné de construction que le projet de  maison en A motive beaucoup.
Le reste de son entourage se compose à la fois de gens du village, le cantonnier, le maire, des anciens, des jeunes ; puis d’anglais huppés qui se sont établis en Dordogne ou en résidence secondaire ici.

La programmation est ouverte

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Morgane a aujourd’hui la joie et la fierté d’annoncer la première date officielle et publique de La maison en A, programmée le Vendredi 6 mai à 18h au Cinéma Max Linder Riberac, tout près de là où le film à été tourné !

L’entrée est libre, et la projection sera suivie d’une discussion avec elle et Elizabeth, l’héroïne du film !

Pour ceux, qui comme moi, attendent une diffusion à Bordeaux où l’on pourra se rendre à vélo, je vous tiens au courant, une date est dans les tuyaux qui devrait très certainement faire des petits grâce au réseau des endroits collaboratifs et participatifs qui favorisent ces documentaires inspirants. Avis à tous ceux qui se reconnaitront !