Un Chinois dans la ville
© DavyCroket
Jugeote

Un chinois dans la ville : Chinese Man à la Médoquine

À voir les plaques d’immatriculation sur le parking de la Médoquine, on peut se dire que le public est venu de loin pour fêter les 10 ans du label Chinese Man Records.

Un public relativement jeune qui lui sert de fan-base. Oui, oui, cela sent bon la jeunesse estudiantine, énergique et insouciante, à constater distraitement les effluves de cigarettes qui font rire et des canettes de bière qui jonchent le sol.

Pour l’occasion, la Médoquine affiche complet. La fête, en ce 3 mai 2014, est à guichet fermé.

Deluxe et de fun

La soirée débute avec Deluxe, un collectif qui réunit Youthstar et Taïwan MC, membres de la team du chinois dansant. De quoi servir d’encas à un public affamé de groove et de basses.

Sur scène, ils sont huit, ce qui n’est pas de trop pour envoyer la sauce. Les MCs sont vêtus d’habits de lumière, la chanteuse possède un timbre de voix qui rappelle Alice Russell et certaines collègues du label Tru Thoughts Records. Il existe pire comme référence.

La musique est terriblement dansante avec des variations soul/jazz/hip-hop. Bref, l’amateur de nu-groove est ravi.

Des effets de lumière stroboscopiques mettent en relief les chorégraphies qui accompagnent le show. Nous avons droit aux habituelles scansions “faites du bruit”, “Bordeaux, on ne vous entend pas”, “faites un maximum de bruit”, et enfin “merci Bordeaux”. Quelle politesse.

Nous avons à peine commencé à nous dégourdir les jambes que la première partie du spectacle se termine. Va pour l’échauffement qui n’aura duré qu’une heure, ni plus, ni moins, chrono en main…

L’entracte permet à certains de se rouler tranquillement un petit pétard, à d’autres d’aller se prendre une bière et encore à d’autres de faire les deux. Pendant que la scène se monte pour le final countdown.

La Chinese Touch

Et donc voici le Mozart du turntablism, le virtuose de la platine, que dis-je le prophète du sample aka el cino aka Chinese Man.Hop, les lumières s’éteignent. Le public hurle, siffle, tape des mains. Les moins de trente ans devant la scène, les plus de trente ans derrière. Les basses commencent à vrombir.

Une trompette morriconienne introduit les débats. Le western peut commencer. Il durera une heure et demi, moitié moins longtemps qu’un bon vieux spaghetti…

Et là, on se dit toute la chance et le privilège d’être là. Car cette musique est vraiment kiffante pour amateur de bonnes vibrations qui font onduler du corps.
La formule magique : du scratch, du sample, beaucoup de sample, du hip-hop au flow coulant et cool, des cuivres groovy. L’influence du label Ninja Tune se fait réellement sentir.

Et on a une pensée pour les cousins C2C et Wax Taylor qui ont eux aussi redonné ses lettres de noblesse au turntablism, cet art de manier les platines, de mixer les vinyles de soul, de funk, de hip-hop, de musique indienne… Et de répliques de films d’une époque où le monochrome n’était pas un filtre Instagram.

Le concert aligne donc un florilège des différentes aventures du MC sorties sous le doux nom de Groove Sessions, au nombre de trois, à l’heure actuelle.
Alors, au choix et pour la forme, on recensera du swing, du ragga, du dubstep, du trip-hop (et oui ! ), du hip-hop old school, de la musette ( ! ). Preuve que l’univers de l’artiste est incroyablement varié, fantaisiste, et qu’il ne met aucune barrière entre les différents genres musicaux. Ça pulse, ça groove, ça transpire dans la salle aux accents tant ragga que nu-jazz du crew.

Et on se prend à essayer de trouver, comme pour un blind test entre amis, les références balancées tout au long du set : Louis Armstrong, Josephine Baker, Tricky, Joey Starr, les Beastie Boys, Sugarhill Gang, Ennio Morricone, Bollywood, l’orchestre national de Barbès…

Le final est renversant et rend la salle KO et définitivement conquise. Chinese Man aura réussi ce soir à nous faire toucher les étoiles.

On se quitte en se donnant rendez-vous dans 10 ans pour les 20 ans du label, même heure, même endroit.

Pour se faire une petite idée du son :

 

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Tomas Mitty

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