What a biotiful world

Le voyage d'Ethylène : une expo + un livret collector pour célébrer la fin des sacs plastique

Une des 14 photos de l’expo Le Voyage d’Ethylène © Thierry Cron, visibles les 25 et 26 juin, 23 rue Minvielle à Bordeaux/Chartrons

Initialement prévue pour le 1er janvier 2016, l’entrée en vigueur du décret sur l’interdiction des sacs de caisse en plastique à usage unique, qu’ils soient gratuits ou payants, aura finalement lieu le 1er juillet 2016.

C’est dans ce contexte que le Collectif de la Sardine a eu l’idée, aussi pertinente que créative, de se servir de l’art comme porte voix. Fondé en 2013 par une bande de potes – tous travailleurs indépendants issus de la tribu des artistes, des métiers de la création, de la communication ou du numérique –  le collectif « cowork » dans une ancienne galerie d’art située 23 RUE MINVIELLE dans le quartier des CHARTRONS, à BORDEAUX.

Un bocal atypique (froid l’hiver et frais l’été) devenu leur coloc’ de boulot et d’apéros que notre banc de Sardines a décidé, pour l’occasion, de transformer en lieu d’exposition avec édition d’un livret à la clé.

Un événement conçu, en phase avec l’actualité, programmé les 25 et 26 juin 2016 autour des photographies du photographe Thierry Cron, baptisé, Le Voyage d’Éthylène, dans lequel ont également décidé d’embarquer auteurs, illustrateurs, dessinateurs de presse, d’ici et d’ailleurs, voire même un député vert à la moustache aussi célèbre que celle de José Bové. Sans oublier une serial blogueuse qui fait de son mieux pour que le monde soit plus bio, j’ai nommé bibi ! Et oui j’en suis aussi !

Parce que le plastique, c’est pas fantastique

Le Voyage d’Éthylène a commencé en 2008 dans les environs désertiques du Lac Powell aux États-Unis, lorsque le photographe professionnel Thierry Cron, en plein prise de vue, s’est retrouvé nez à nez avec… un sac plastique.

Le voyage d'Ethylène

Il raconte :

« Lake Powell, Arizona 2008. J’avais l’impression d’être le premier homme explorant cette immense étendue monochrome. Aucun bruit, aucun chant d’oiseau ne venait rompre cet inquiétant silence. Seul un léger souffle d’air brûlant soulevait une fine poussière grise. Les animaux ne semblaient pas encore avoir eu connaissance de ce nouveau territoire. Quelques herbes pionnières poussaient timidement, cherchant vainement une ombre pour se protéger d’un soleil implacable. Rien ni personne, ne paraissait s’être encore essayé à reconquérir ces terres saccagées.

Je marchais droit devant. Mes pas se faisaient légers. Je ne voulais qu’effleurer la surface de cette terre nouvelle, ne laisser aucune empreinte de mon incursion dans cette nature qui essayait de reprendre vie. Le sol était recouvert de gigantesques plaques de boues séchées. Les couleurs si vives de l’Arizona voisin, s’étaient éteintes, laissant place à une immense palette de gris et d’ocres évanescents.

J’étais hypnotisé. A perte de vue, ce désert encore intact, m’offrait une intarissable source d’inspiration. Chaque colline, chaque rocher avaient été posés au parfait endroit. Les magies de la lumière baissante embellissaient à chaque instant les teintes du paysage qui me paraissait irréel. Alors que cette immensité et ce calme auraient dû m’apporter la sérénité, j’étais agité par une profonde émotion. Toute cette beauté n’était en fait que désolation semée par l’homme.

Mon appareil photo en bandoulière, je n’avais encore fait aucune photo. Je cherchais à cadrer dans cette profusion de possibilités avant de cloisonner mon regard dans le viseur. J’installais l’appareil photo sur son trépied, savourant d’être seul à contempler cette nature encore vierge.

C’est au moment où je m’apprêtais à faire la première image, qu’un sac plastique rose est apparu. Porté par l’air chaud, il volait, tournoyait et s’arrêta au milieu de mon cadre, posant pour l’éternité… »

Travaillant dans le monde de la pub, celui qui vit entre Paris et la Sicile, décide dès lors de développer un projet personnel pour figurer de manière esthétique, mais néanmoins frappante, l’invasion polluante de ce qu’à Bordeaux on nomme poche, quand ailleurs on dit sac, le dénominateur commun aux deux vocables étant qu’ils sont issus du pétrole et qu’ils mettent 450 ans à se dégrader.

super sardine

Comme je l’annonçais plus haut, pour accompagner cette exposition, le Collectif de la Sardine sous l’égide de Sébastien Cron (oui, oui, le fils de) et de Maël Nonet, alias Barberousse, a invité des journalistes, écrivains, dessinateurs, personnalités… à enrichir la ligne éditoriale de l’exposition et de son livret collector, bref rien que des contributeurs empêcheurs de tourner (et penser) en rond comme vous pourrez le constater :

  • Noël Mamère, ancien journaliste et homme politique français.
  • Nicolas de La Casinière, journaliste, illustrateur et écrivain, fondateur de l’irrégulomadaire satirique La Lettre à Lulu à Nantes.
  • Yves Frémion, écrivain, critique de bande dessinée, a même été homme politique. A passé 38 ans à Fluide Glacial, a fondé la revue Barricade
  • Dr Lichic, écrivain et auteur, illustre Régent du Collège de Pataphysique depuis le 15 décembre 2009.
  • Isabelle Camus, serial bloggueuse, fondatrice de la Jugeote, de What a biotiful World et de Chartrons’ place to be et au-delà
  • Aurel, auteur de bandes dessinées, dessinateur de presse (Le Monde, Politis…), lauréat de nombreux prix.
  • Large, dessinateur de presse (Sud-Ouest, Siné Mensuel…)
  • Urbs, dessinateur de presse (Sud-Ouest…)
  • Clé, auteur de bandes dessinées (dont Gratuit, financé sur Ulule et publié en 2015) et d’illustrations pour différents journaux, collectifs et groupes. Cofondatrice du collectif Le Chakipu à Nantes.
  • Lasserpe, dessinateur de presse (Sud-Ouest, Siné Mensuel, L’Équipe…).
  • Rifo, auteur de bandes dessinées (Psikopat, AAARG…).
  • Sergio, dessinateur de presse (Siné Hebdo, Zélium…), actuellement directeur artistique du satirique Zélium.
  • Wingz, dessinateur de presse (Metronews, 60 Millions de consommateurs, Public Sénat…), lauréat du trophée presse citron 2016.
  • Pakman, dessinateur de presse (Siné Mensuel…).
  • Flock, dessinateur de presse (Psikopat, Clubic…), dont sa première BD, Plouc Fiction, est en prévente sur Ulule jusqu’au 5 juin 2016 : http://fr.ulule.com/plouc-fiction !
  • Sevan Selvadjian, illustrateur (bande dessinée et dessin animé).
  • Andrea Espier, illustratrice, ancienne résidente du Collectif de la Sardine à Bordeaux.

https://www.facebook.com/events/608465779320843/

Pour financer ce projet, l’association du Collectif de la Sardine fait appel au financement participatif via une campagne sur la plateforme de crowdfunding Ulule : fr.ulule.com/le-voyage-d-ethylene/, qui se terminera le jeudi 23 juin, à 23 h 59. C’est qu’elle est précise, la Sardine ! A ce jour, 50% des 4500 € requis ont été collectés.

En parallèle, les sardines organisatrices continuent de chercher des partenaires (la Surfrider Foundation, Ekolo[geek] et la Maison écocitoyenne de Bordeaux ont déjà fait part de leur soutien au Voyage d’Éthylène) et des mécènes pour la soutenir dans ce projet sur les plans logistiques (notamment pour la diffusion du livret de l’exposition : institutions publiques, commerces, librairies…), financiers et médias.

C’est bien connu : quand plein de sardines se réunissent, elles créent un banc assez costaud pour déplacer une montagne sous-marine. J’espère vous avoir donné envie de mettre la main à la poche (celle-là vous pouvez !) car outre l’intérêt du projet dont je suis très heureuse de faire partie avec un texte illustré par Sevan Selvadjian, les contreparties sont vraiment sympas !

Par contre, dépêchez-vous, si vous voulez avoir Votre nom sur la page de remerciements dans le livret de l’exposition pour tous ceux qui auront contribué au Voyage d’Éthylène, il faut le faire avant le 31 mai 2016 (Parce qu’après, ça part chez les imprimeurs.)

Alors ! On est d’accord ?

Rendez-vous les 25 et 26 juin, au 23 rue Minvielle, il y aura à voir, à lire, à manger et à boire, de la bière et du vin bio et on pourra chanter en choeur, en détournant Elmer Food Beat, Faire la nique au plastique c’est fantastique   !

Clé
© Clé, auteure de bandes dessinées (dont Gratuit, financé sur Ulule et publié en 2015) et d’illustrations pour différents journaux, collectifs et groupes. Cofondatrice du collectif Le Chakipu à Nantes que j’ai choisie parmi tout ce beau monde parce qu’il n’y a que 3 nanas et que j’adore son Autant en emporte le vent détourné ! 😉

 Plus d’informations :

levoyagedethylene.fr/
fr.ulule.com/le-voyage-d-ethylene/
facebook.com/events/270567399960421/

https://www.facebook.com/events/608465779320843/

 

 

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