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Django girls #4 : Une journée dans la peau d’une codeuse

M’initier au code informatique… Est-ce que j’y aurais pensé ? Aucunement ! Pour moi, c’était un domaine réservé à Mark Zuckerberg et autres génies des réseaux. Génies au masculin, car l’informatique n’attire pas foule du côté de la gent féminine. C’est ainsi que le projet Django Girls naquit ! L’idée : initier les femmes au code informatique durant une journée de formation.

Encadrées par des coachs bienveillants, ces dames suivent un tutoriel sur le langage Python et apprennent à monter leur premier site internet. Le must : c’est une journée gratuite [sur inscription et sélection, il faut être motivée !].

Pour ce samedi 18 mars 2017, 4è Django Girls à Bordeaux, nous sommes 36 femmes à nous lancer, entourées de 15 coachs. Nous sommes divisées en équipes de travail, au sein de l’espace 127° de Cap Sciences.

 

 

Je rencontre Xavier, mon super coach du jour ! Pour lui :

« Django Girls permet de montrer que tout le monde peut réaliser un site web. C’est un projet qui permet de donner aux femmes une confiance en elles, chose qui n’est pas évidente dans notre société actuelle !»

Et c’est parti ! Logiciels installés, nous débutons le travail qui ne s’annonce pas de tout repos. Je suis très vite passionnée par ce qui se passe sur mon écran. « C’est moi qui ait fait ça ? », je me dis alors. Chaque ligne de code est une découverte. Ma passion pour cette dernière n’a jamais pris autant de sens.

 

 

Après quelques heures de travail, je vais à la rencontre de Laurène Cheilan et Alexia Sonnois, responsables du Django Girls bordelais.

Racontez-moi l’origine de Django girls à Bordeaux ?

Alexia a découvert Django Girls à Athènes, dans un Hacker Space [espace collaboratif de travail informatique]. A son retour, on s’est dit qu’on voudrait monter un Django Girls à Bordeaux. Quand je vois l’immense plaisir que prennent les gens à utiliser ces outils, j’ai eu envie de le rendre accessible ! Nous nous sommes toutes deux rencontrées ici, à Cap Sciences [Alexia y travaille actuellement en tant que chef de projet, Laurène y fut chargée d’événements durant un an].

Pourquoi spécifiquement les femmes ?

Car c’est un domaine qui est masculin à 90%, c’est vraiment dommage. D’un point de vue socio-économique, les femmes sont les plus touchées par le chômage. Ce milieu professionnel n’est pas assez mixte à mon sens. Ce serait triste de s’interdire d’apprendre des choses parce qu’on pense que ce n’est pas pour nous, donc on leur propose ce genre de formation gratuite !

Comment s’organise un événement Django Girls ?

D’abord, il nous faut trouver un lieu ! Souvent, c’est un partenaire qui va apporter une partie du financement de l’événement. Pour cette édition, c’est Cap Sciences qui l’apporte entièrement. Nous avons aussi des sponsors privés [agences de développement (Yaal, WSB Agency), écoles numériques (Ynov), start-ups (Muxu-muxu)] qui nous permettent de développer l’événement jusqu’au bout. La majeure partie du travail est effectuée par les bénévoles, sans qui Django Girls ne pourrait exister !

Où trouve-t-on Django Girls en France ?

A Paris, Lyon, et Bordeaux donc ! Pour nous, c’est une expérience géniale de voir cette équipe se constituer et travailler en quasi autonomie. Depuis la première édition, des liens se sont tissés. Ça nous fait vraiment plaisir de voir à quel point c’est une belle expérience pour tout le monde, coach-e-s comme élèves !

 

 

Et quelle expérience ! C’est une journée très intense. Après être parvenue à créer une structure de blog en 7 h, je ne suis pas peu fière. Mon cerveau est épuisé, j’en profite pour aller à la rencontre d’élèves et de coachs. À commencer par ma coéquipière, Tatiana, coordinatrice d’animation à la Maison Ecocitoyenne de Bordeaux.

Après 7 h de codage, quelles sont tes impressions sur cette journée ?

C’est vraiment sympa, même si je commence à trouver ça compliqué. On doit acquérir beaucoup d’informations, que j’arrivais jusque-là à digérer ! [rires] Mais j’ai cette petite fierté d’avoir créé moi-même mon propre blog ! Au top.

Est-ce que ça t’a donné envie de continuer à explorer le monde du code ?

Totalement ! Ça m’a fait découvrir que c’était un vaste monde, complexe certes, mais qui pouvait être accessible.

 

 

Je vais ensuite à la rencontre de Maeva, étudiante en Master 1 de Droit – Propriété intellectuelle. Elle est encore en plein travail.

En quoi l’événement Django Girls t’a-t-il intéressée ?

Pour appuyer ma candidature en Master 2 en Droit de l’Informatique !

Il est 18h, où en es-tu niveau codage ?

J’ai énormément appris ! J’ai fait plus que ce que je pensais être capable de faire. J’ai acquis beaucoup de vocabulaire, je pensais que le codage se limitait au HTML, et au final ça va bien plus loin. C’est compliqué mais hyper gratifiant lorsque tu réussis un !

Alors que les codeuses commencent à terminer leur journée, je recueille d’autres témoignages.

Sara, étudiante en communication visuelle :  La programmation m’intéresse depuis 2-3 ans, je voyais le sujet dans ses grandes lignes mais je n’avais le temps d’aller plus loin. C’était vraiment l’occasion pour moi de pousser mes connaissances en code. On a eu beaucoup d’infos à assimiler sur une journée, c’était extrêmement enrichissant.

Clémence, étudiante en animation 3D / FX : Je n’ai jamais fait de code avant aujourd’hui, je n’ai jamais osé ! Avec des amis, on veut monter une boîte de jeux vidéos, donc il fallait que je connaisse un peu ce domaine et que je m’informe. Ici, on n est pas seules. C’est tellement vaste. Et pour moi, en autodidactie on peut vite galérer ! Je me suis sentie aidée, c’était une belle journée bien organisée, amicale.

Daphné, assistante d’édition indépendante : J’ai une petite expérience du numérique grâce à mes précédentes missions, mais j’avais envie de comprendre un peu mieux le fonctionnement du code. Il y a beaucoup de connexions qui se sont faites entre les connaissances que j’avais, des choses qui se sont révélées aujourd’hui ! Je pensais que c’était beaucoup plus obscur que ça, mais c’est totalement possible de s’y pencher en une journée. J’aimerais continuer à apprendre, bidouiller, participer aux futurs meet-up !

 

 

C’est dans un enthousiasme partagé que j’échange avec quelques élèves du jour. L’expérience globale a été très appréciée de tous, notamment des coachs :

Xavier, développeur et étudiant en mathématiques : Je connaissais le concept de Django Girls avant de revenir en France. J’ai suivi ça de loin, ça m’intéressait beaucoup. Quand je suis revenu, je me suis dit que ce serait intéressant d’investir du temps dans cette expérience. J’ai envie de me sentir utile pour une cause juste, pour l’égalité. Je l’ai bien vu : il n’y a quasiment que des hommes en informatique !

Yassine, data scientist [intersection entre informaticien et statisticien] : C’est ma première édition. J’aime cette initiative d’un point de vue général, je trouve ça bien de faire découvrir la programmation dans cette ambiance agréable. D’un point de vue personnel, j’aime communiquer des connaissances. C’est un format bien organisé, assez intense mais sans stress. Je serai probablement présent sur la prochaine édition !

 

 

Au détour d’une conversation, j’écoute Jean-Aymeric, tuteur au Exia.CESI [Ecole d’Ingérieur spécialité informatique] expliquer avec beaucoup de pédagogie le principe de « variable » à son équipe.

« C’est ma troisième édition de Django Girls. Je suis là à titre personnel : parmi mes étudiants j’ai très peu de filles, cinq. C’est déplorable, injuste à mon sens, je galère à en recruter. Ce qui m’embête, ce ne sont pas tellement les freins que met la société aux femmes, mais ceux qu’elles se mettent elles-mêmes. Les jeunes femmes n’osent pas venir, voir ne pensent pas à s’intéresser à cette filière. Je suis ici pour les aider avec mon expérience, déceler des talents comme des faiblesses. Je me dis qu’en tant qu’informaticien, je dois essayer d’apporter ma pierre à l’édifice de ce côté-là ! J’adore ce côté bienveillant de l’événement, tous niveaux et toutes expériences confondus. »

 

 

En somme, une journée pleine de découvertes informatiques et humaines ! Je ne me serais naturellement pas penchée sur le code seule. Cette journée m’a permis de le faire de manière encadrée et poussée. Ce fut un moment particulièrement enrichissant et je tiens à remercier chaleureusement l’équipe des organisateurs et des coachs de cette édition !

Pour rester au courant des futurs événements et consulter plus d’informations : https://djangogirls.org/bordeaux/

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Code : Challenge Accepted !

Laura Van Puymbroeck

Photographies : Julie Pernon

 

A propos de l'auteur

Laura Van Puymbroeck

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Serial Blogueuse Chartrons BordeauxIsabelle Camus (comme Albert) née un 13 juillet (comme Simone Veil). Blogueuse en série, obsédée textuelle 100% éclectique, le nez au vent, uniquement à vélo ou à pied, je me plie en quatre pour te faire découvrir Bordeaux (mais pas que) en mode Culture, Écologie, Quartiers et Cause des Femmes.
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