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De Pierre Rabhi à Alain Souchon, carton plein pour la tournée « LE CHANT DES COLIBRIS, l’Appel du Monde de Demain »

Pierre Rabhi n’a pas que des amis ! Ça, je l’ai constaté dès la 1ère photo postée sur mon profil facebook, en direct de la conférence donnée par le paysan philosophe à Darwin, ce 25 mars 2017, 1ère des six dates de la tournée « Le chant des colibris, l’appel du monde de demain ».

Alors lecteur/rice mon ami(e), si tu veux battre le fer et t’engager dans une joute verbale autour de la position du co-fondateur de l’association Colibris, sur la famille et l’homosexualité, ou encore sur la « honteuse » somme de 1000 euros qu’il demanderait pour faire une conférence, voire sur les subventions publiques qu’il toucherait (cf les commentaires sur ma page FB), passe ton chemin, de tout ceci, ici, il ne sera point question. Libre à toi d’enrichir la conversation entamée sur FB où, moi et d’autres avons répondu.

Dans cet article co-signé avec Laura V., nous n’évoquerons que le pionnier de l’agro-écologie venu GRATUITEMENT pour répondre, dans une halle basse comble, aux questions de Jérôme Pitorin (Echappées belles) en déroulant le fil de sa vie, devant une assemblée de convaincus qu’un autre monde est possible.

Puis, nous enchainerons sur la journée et la soirée organisées par des associations, des bénévoles et des artistes au taquet, auxquelles les citoyens curieux et motivés par les questions d’agriculture, d’éducation, de démocratie et de gouvernance, d’économie et de consommation, d’énergie et d’habitat ont, en masse, répondu présent.

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79 ans d’une vie à faire sa part

Ce n’était pas la première fois que je voyais Pierre Rabhi dont je connais la vie, lu 2/3 livres quand j’étais plus jeune et vu Parole de Terre, au Glob Théâtre en 2005.

J’ai de l’estime et du respect pour l’homme qui n’ont rien à voir avec de l’adulation ou de la gouroutisation. Vouloir changer le monde et les paradigmes exposent souvent à la critique. Il n’y a que celui qui ne fait rien qui échappe à la vindicte. Or si on peut présumer que Pierre Rabhi a des défauts (j’imagine que vous aussi), son parcours de vie atteste de son intégrité, de son intelligence et de sa cohérence, de l’importance de son action,  de sa lucidité et de sa bienveillance.

Aussi laisserai-je la parole à Laura pour qui c’était la première rencontre live avec celui qui, avec ses 51 kilos tout mouillé, conjugue les activités d’essayiste, agriculteur bio, paysan jardinier, romancier et poète.

Ci-dessus, Jérôme Pitorin annonçant Pierre Rabhi.

– Laura –

J’ai découvert Pierre Rabhi pour la première fois l’année dernière, en visionnant une conférence TEDX qu’il avait donnée. Je fais alors la connaissance d’un homme plein de générosité, qualité retrouvée dès son arrivée sur la scène de Darwin. En effet, il y a quelque chose de profondément sincère et humble dans son regard, et c’est ce qui vous touche dès les premières secondes.

Alors que M. Rabhi évoque son parcours, je sens un public effervescent et attentif. Les gens de tous les âges, de tous les horizons connaissent pour la majorité l’insurrecteur des consciences  et s’accordent sur son discours à propos du retour à l’essentiel : la sobriété heureuse. Ses mots font écho à ma pensée, son discours est simple et atteint directement mon esprit.

 

– Isabelle –

« Existe-t-il une vie avant la mort ? »

Telle est la question que l’on peut se poser aujourd’hui, fait remarquer Pierre Rabhi dans un état des lieux où l’homme sème la destruction et la désolation écologique. Où l’agriculture est devenue une activité qui falsifie ce qu’elle fait pousser, où  l’art de produire de la nourriture est en contradiction avec la vie.

Ce qui pourrait tout légitimement nous amener à nous souhaiter non plus « bon appétit », mais « bonne chance » avant de passer à table…

« Dans notre société de surabondance, 40% de produits fabriqués sont superflus, inutiles à la vie »,

évoque celui qui ne serait pas là pour en parler, s’il n’expérimentait pas lui-même la simplicité volontaire, la sobriété heureuse.

« Les enfants sont devant des écrans avant d’avoir exploré le monde réel ».

Paradoxe d’une humanité déconnectée de la nature, prisonnière de l’illusion de son élévation par la technologie.

Bâtir le futur sur la sobriété qui donne de la joie aux générations confrontées à des situations insolubles. Résoudre les déflagrations mondiales par la joie et l’amour qui ne s’achètent pas. Produire son alimentation dans un véritable respect et rapport à la terre mère. Faire preuve de légitime résistance, telles sont en bref et en résumé les solutions, les idées phares semées par celui qui élève à la fois des chèvres et les consciences et dont la conférence se terminera en standing ovation.

– Laura –

13h

Il est temps pour moi d’explorer le contenu de cette journée riche en couleurs. Je rejoins l’atelier de Julien Beauquel, jardinier urbain, qui lègue les secrets d’un bon jardin suspendu. En effet, avoir un jardin en ville n’est pas chose évidente, et c’est une problématique à laquelle Julien répond dans ses compositions. Citadins, amoureux du vert, de la biodiversité et de l’auto-production alimentaire, je vous conseille son travail !

Mon parcours continue, et s’arrête rapidement à un atelier mené par le Social Club. En cercle, les participants s’initient aux techniques de la méditation, répondant à une problématique de coopération entre pleine conscience et engagement citoyen. En effet, vouloir changer les choses dans une société malade nécessite aussi un changement interne. Et si le lien ne vous paraît pas évident, je vous conseille de tester l’un de ces ateliers encadré par des intervenants bienveillants.

La suite en impro, avec Décalez ! , la formation par l’improvisation théâtrale. Un noyau de courageux est en pleine initiation, tout sourire, encadrés par la géniale Charlotte. L’improvisation est un formidable outil de développement : culture de la spontanéité et de l’imagination, contrôle de soi, maitrise du corps et du langage, amélioration de compétences communicationnelles et relationnelles… Un conseil : lancez-vous sur l’un des nombreux ateliers proposés à Bordeaux. Et si vous n’avez pas encore le cran de franchir le pas, allez vous régaler avec un match : il y en a forcément un dans le coin !

Juste derrière, Matthieu Dubourg, révélateur de bonheur à B-Happy, remporte un franc succès avec son atelier « Bain de compliments » basé sur la bienveillance et l’empathie. Ayant eu l’occasion de participer à l’un de ses ateliers, c’est une expérience que je vous conseille vivement !

Un peu plus loin, je découvre que Weleda, marque de cosmétiques naturels bio, a installé un stand d’initiation au massage des bras et mains. Comment résister ? Je me lance, et savoure un moment particulier d’apprentissage de techniques avec des huiles aux senteurs divines.

Il fait bon vivre à Darwin. La manufacture est aujourd’hui remplie de monde et de vibrations positives ! On se développe personnellement, dans l’esprit et le corps, on construit le monde de demain avec des propositions, on discute d’alternatives aux systèmes en place. Je vous laisse découvrir la suite en quelques images prises sur le vif :

Isabelle qui connait bien l’éco-système de Darwin et Alriq, créateur de la guinguette Alriq,  partagent un moment complice.

Détente parents-enfants avec l’association pArt-âge.

Le public est invité à préparer les légumes pour le Disco Soupe de 18h.

Découverte ludique de la communication non-violente avec DECLIC CNV.

Isabelle produit sa propre électricité à vélo, ça pousse !

Construire un meilleur demain, ça se discute !

Conférence participative sur les évolutions de l’agriculture et la réforme de la Politique Agricole Commune, avec Maxime de Rostolan (Fermes d’avenir) et Benoît Biteau (Val de Seudre Identi’terre)

Colibris oui, oui, oui !

Avec 3000 participants, plus de 53 ateliers expérientiels, 15 artistes, 40 acteurs locaux, et une trentaine de bénévoles, ce fut une journée inoubliable, clôturée par un concert de 3 heures, dont l’ambiance chaud bouillante, fera supporter la température agla gla de la halle basse (et tant pis si le jour d’après j’étais enrhumée !).

Cyril Dion, réalisateur de « Demain », cofondateur de l’associations Colibris, aura ponctué de ses poèmes la soirée où se sont succédés (dans le désordre) Alain Souchon avec ses deux fils, Pierre Souchon et Ours, Emily Loizeau, Jeanne Cherhal, Dominique A, Izïa, Piers Faccini ou encore Gaël Faure. Chansons interprétées et jouées en duo, en trio ou tous ensemble dans une reprise collective du « Résiste » de France Gall.

Laura et son appareil photo ayant d’autres obligations, je couvrirai toute seule la soirée, juste armée de mon téléphone, perchée sur une chaise, loin de la scène, dont je ne vous montrerai pas ici le résultat bof bof.

Je laisserai à Alain Souchon, 73 ans et toujours la patate, le soin de conclure avec cette petite vidéo sans prétention, où après un petit poème surprise, taquin, ode aux colibris, il nous rappelle que si la vie ne vaut rien, rien ne vaut la vie.


!

A nous de la rendre plus belle en faisant notre part, comme le colibri dont voici la légende :

Un immense incendie ravage la jungle.
Affolés, les animaux fuient en tous sens.
Seul un colibri, sans relâche,
fait l’aller-retour de la rivière au brasier,
une minuscule goutte d’eau dans son bec,
pour l’y déposer sur le feu.
Un toucan à l’énorme bec l’interpelle :
“tu es fou, colibri, tu vois bien que cela ne sert à rien”.
“Oui, je sais” réponds le colibri, “mais je fais ma part”…

Isabelle Camus et Laura Van Puymbroeck

Photographies : Laura Van Puymbroeck

Commentaires

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  • Merci pour ce billet qui nous rappelle ces bons moments, ces moments exceptionnels qui nous ont redonné de l’énergie. Et nous allons en avoir encore plus besoin ces temps-ci…

    • Oui Eva, ces moments nous ont rappelé qu’il y a d’autres alternatives, même si les jours qui viennent vont effectivement nous demander beaucoup d’énergie et de détermination pour les développer. Merci de nous suivre 🙂