Ovaires the rainbow Serial Blogueuse

Découvertes et FEMMES DE SCIENCES, ça fait MÂLE !

Le pot de départ en retraite de Katherine Johnson, dernière des trois »Figures de l’ombre« , devait manquer de punch. Il lui aura fallu attendre 30 ans pour recevoir des mains de Barack Obama, en novembre 2015, la médaille de la liberté, la plus prestigieuse récompense civile américaine, pour avoir contribué avec Dorothy Vaughn et Mary Jackson, au succès de la mission Apollo, destination… la Lune. Triple peine : Femmes de sciences ET afro américaines !

Katherine Johnson, femme, noire et mathématicienne de génie
NASA research mathematician Katherine Johnson is photographed at her desk at NASA Langley Research Center with a globe, or « Celestial Training Device. »

 

Katherine Johnson récompensée par Barack Obama à l'âge de 97 ans
En 2015, Johnson a obtenu la médaille présidentielle de la Liberté. L’année suivante, elle est intégrée dans la série les 100 femmes d’exception de la BBC.

Pour donner une suite à la rubrique Ovaires the rainbow, et dans la série, partage des tâches, acte II,  on pourrait parler d’une autre situation abusive, celle entre couples de savants.

Genre papa pique et maman coud ? Non, ce n’est pas la parabole de la reproduction chez les plus lourds que l’air pour engendrer du génie, mais plutôt celle du gars qui se fait applaudir parce qu’il a allumé le barbecue tandis qu’en coulisse sa femme assurait tout le reste.

Pour un jeune Jedi qui se lève la nuit pour donner le biberon sans poster la performance sur Instagram, il y a sur l’étoile noire, des plagiaires XY gonflés XXL. Pire et moins drôle que le Félix est une ordure de Zézette épouse X qui picole les allocs, nous sommes avec ces messieurs sur le dessus du panier.

Des hommes, éduqués, érudits, instruits, ambitieux, brillants, propre sur eux, la crème, l’élite… stop n’en jetez plus, vous apercevez l’usurpateur derrière l’homme public et, bien sûr, pour un max de watts de la lumière, dans l’ombre c’est la ouate qui étouffe les mérites féminins. Les femmes de sciences sont bien placées pour le savoir.

Femmes de sciences ni vues ni reconnues

« Femmes de sciences », des mots qui riment souvent avec « se faire spolier »

  • Esther Lederberg (1922-2006)

Esther Lederberg (1922-2006), une des femmes de sciences spoliées.

Mariée à Joshua Lederberg, Esther a fait des découvertes décisives sur l’accouplement des bactéries mais c’est l’époux qui décrocha en solo le prix Nobel de Médecine en 1958, pendant qu’Esther faisait la vaisselle.
Marie Curie est en tête de gondole dans le quizz des femmes savantes. Ensuite, on rame un peu pour citer une autre femme level prix Nobel, car c’est la tribu des poils aux pattes du club des têtes aussi grosses que le culot sans vergogne et de connivence qui commit ce hold-up de la honte.

  • Lise Meitner (1878-1968)

Lise Meitner (1878-1968) une des Femmes de Sciences spoliées.

On lui doit la découverte de la fission nucléaire. Mais en 1938 autrichienne, femme et juive ce n’est pas le tiercé gagnant. Du coup, son nom a été effacé de toutes les publications sur le sujet au profit de son collègue et ami de longue date, Otto Hahn. Bien que nommée trois fois, elle ne recevra jamais un seul prix Nobel bien mérité.
Sympa, le copain !

  • Rosalind Franklin (1920-1958)

Rosalind Franklin (1920-1958) une des Femmes de sciences spoliées.
Deux prix Nobel en-volés! Celui de médecine capté par Crick et Watson pour ses travaux sur la structure de l’ADN (la double hélice), puis le Nobel de Chimie pour ses travaux sur la structure des virus attribués, eux, à Aaron Klug.
Et, quand ça veut pas, ça veut pas, elle mourra à seulement 37 ans d’un cancer de l’ovaire (et là pas d’arc-en-ciel), probablement dû à sa surexposition aux radiations. Ambiance !

  • Jocelyn Bell Burnell (née en 1943)

Jocelyn Bell Burnell (née en 1943) une des Femmes de sciences spoliées.

Etudiante à Cambridge en 1967, Jocelyn Bell Burnell découvrit le premier pulsar. Mais, utilisant comme excuse le fait qu’elle n’était qu’une élève, le comité Nobel a décidé de récompenser son directeur de thèse, Antony Hewish, à sa place. Une injustice qui, en 1974, fit un vrai scandale auprès de la communauté scientifique convaincue que Jocelyn Bell Burnell n’avait pas été récompensée en raison de son sexe.

  • Cecilia Payne (1900-1979)

Cecilia Payne (1900-1979) une des Femmes de sciences spoliées.
De Wendover, Cecilia devra s’exiler de son Angleterre natale vers les States juste pour avoir le droit de faire de la recherche. Bonne pioche, c’est à Harvard qu’elle découvrira la présence des 98% d’hydrogène et d’hélium composant les étoiles. Pourtant, le professeur Henry Russell la dissuadera de publier le résultat de ses recherches, prétextant que « le monde n’était pas prêt à accepter que la Terre et les étoiles n’aient pas une composition identique ». D’autorité, de forfaiture et de toupet, il publiera lui-même l’article s’en attribuant tout le mérite, sans citer son élève bien sûr.

  • Nettie Stevens (1861-1912)

Nettie Stevens (1861-1912) une des Femmes de Sciences spoliées.

Nettie aurait du recevoir le Prix Nobel de physiologie ou de médecine en 1933 pour ses découvertes sur le chromosome et l’hérédité, mais c’est Thomas Hunt Morgan classé grand généticien du XXe siècle qui décrocha la timbale. Après tout, Nettie Stevens, qui avait découvert en 1905 que le sexe de l’enfant était déterminé par les chromosomes, n’était que son employée au Bryn Mawr College. Petit, petit T.H. Morgan.

Aux usurpateurs sans con/science

L’histoire, discrète sur le sujet, nous apprend un peu tard que  la science comporte son quota d’usurpateurs.  L’élite telle un  biotope  présentant des conditions de vie homogènes dans lequel le mari, le collègue « de bureau » ou la hiérarchie jouent à pousse-toi de là que je m’y mette. Pas de bol, c’est au détriment de Madame et je ne connais pas de versa à ce vice où le mâle dominant ne profite pas de sa position pour enfumer son monde.

Alors, s’il reste des poils aux pattes pour tenter l’aventure du plagiat, de la subornation et de la spoliation à l’endroit de « l’avenir de l’homme », n’oubliez pas que « la parole se libère »  et que l’actualité d’aujourd’hui, c’est l’histoire de demain !

A propos de l'auteur

Serge Pradoux

Herbivore tardivement lucide et récemment converti, assez perméable à la tentation de se mêler de ce qui ne le regarde pas. Pour la partie active et payante, commercialise des solutions d’amélioration de l’habitat et des économies d’énergie. Pour la partie active et gratuite, pigiste réactif à certains sujets de société sur les supports qui veulent bien l’accueillir. Affichant souvent des opinions vents contraires, fait de gros efforts pour être consensuel et lisible.

1 Commentaire

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  • Incroyables ces spoliations ! Nous revenons vraiment de loin et il y a encore du chemin à parcourir ….. merci en tous cas de mettre ces femmes à l’honneur .

I Blog You

ISABELLE CAMUS (comme ALBERT) née un 13 juillet (comme SIMONE VEIL). Blogueuse 100% bio, le nez au vent et toujours à vélo, je me plie en quatre pour vous faire découvrir Bordeaux en mode Culture, Écologie, Quartiers et Cause des Femmes.
Pour en savoir d’avantage sur qui je suis, mes kiffs et mes coups de griffes, c’est par ici ☛…

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