Serial Blogueuse

Et bé ! Les Dr. Martens c’est plus ce que c’était !

Au quotidien, depuis des décennies, même si j’ai le permis depuis 1979, je ne conduis pas. Je marche ou je pédale. Pour le reste, je prends le tram, le train ou je co-voiture.
Free lance, je travaille chez moi. Mais dans mes vies antérieures, de tout temps et par tous les temps, je me suis rendue au boulot à vélo.
Urbaine, j’ai la chance d’habiter une ville plate. Bordeaux n’est pas Limoges, ce qui est bien plus facile et incitatif pour utiliser la petite reine.
Motivée, faire notamment les 12 kilomètres qui séparent mon domicile, situé aux Chartrons, de celui de ma vénérable mère à Gradignan, est une habitude.
Bref autant de raisons qui font que, non seulement je ne contribue pas à l’élévation du taux de CO2, mais qu’en plus je fais des économies conséquentes.
À ce titre,  je peux donc investir dans ce qui finalement, avec mes vélos, sont mes principaux modes de déplacement, j’ai nommé… mes chaussures.
Alors que j’aurai attendu quelque 57 ans avant d’avoir ma première paire de Dr. Martens, jamais je n’aurais cru que ma joie (oui j’ai des plaisirs simples) serait moult fois, entachée.
Bienvenue dans l’épisode de ma vie de Serial blogueuse anglophile, plus que déçue, voire courroucée par la mythique marque british. Il y a des limites au flegme, qu’il soit anglais ou bordelais.

Dr. Martens Air Wair

Dr. Martens acte 1… mes Oxford Brush vegan

Emprunter la paire de Doc de ma fille Camille, 20 ans, qui les porte depuis la terminale, (voir photo du haut, prise dans l’excellente librairie indépendante La Zone du Dehors, à ne pas confondre avec le rouleau compresseur Amazon, aux côtés de Coraline Vaz, une autre Doc addict ) suscitera ma démarche.

Après cette expérience probante, n’ayant jamais fonctionné en me disant « ça c’est de mon âge, ça ça ne l’est plus » (et puis elles sont transgénérationnelles), suite au sacrifice de mes Timberland en faveur de Clifton, mon rouquin de félin qui s’en sert de griffoir (c’était ça ou un jardin que je n’ai pas), je décidais donc de m’acheter des chaussures avec lesquelles je pouvais marcher loin, longtemps et souvent, sans avoir mal aux pieds, ni pourrir mes talons.

De fait, je ne pense pas que l’on verra jamais dans ce blog un article test sur une paire de Louboutin ;-). Le pratique l’emporte souvent sur l’esthétique quand on est une serial marcheuse. Et puis tous les styles n’étant pas dans ma nature, j’ai toujours en moi le côté rock de mon adolescence. Vivienne Westwood sort de ce corps !

Timberland servant de griffoir à mon chat Clifton
Serial cat killer de Timberland

Après avoir surfé sur le site Officiel de Dr Martens, je découvrais que la marque commercialisait des modèles vegan. Sensible à la cause animale ET environnementale, je suis végétarienne depuis plus de 25 ans. Un mode de vie qui va moins loin que les vegans qui eux, ne consomment aucun produit animal. Exit le beurre, le fromage, les oeufs, le miel et… le cuir.

Ayant assisté il y a quelques mois à la conférence : Un Cri pour la Terre, en finir avec l’Âge Bête, de Guillaume Corpard (auteur / conférencier / réalisateur / musicien / président de « Happy Earth Now » et My Life’s a Cage) qui m’a profondément marquée, j’optai, en magasin, pour ce mode de fabrication et tranchai pour de superbes Oxford Brush vegan, rouge cerise. Prix : 180 €.

 

Ma première paire de Dr. Martens, vegan qui plus est
Dr.Martens vegan style.

Et là, une petite explication sur un mode de fabrication réputé hors pair, pour une justification (ou pas)  de prix avoisinant les 200 € s’impose. En glanant des infos ça et là, voilà ce qui en ressort.

Des chaussures orthopédiques au dress code Punk/Rock

Avant d’être Made In England, il faut savoir que l’origine des icônes du rock se situe en 1946, en Allemagne (et oui !), sur des cimes enneigées où un certain Docteur « Klaus Maertens » se blesse en skiant.

Pour faciliter ses déplacements, il met au point, avec son ami l’ingénieur Herbert Funck, une chaussure dont la semelle, dixit la légende, aurait été  fabriquée dans un vieux pneu. C’est ainsi que la première chaussure montée sur coussin d’air et à usage avant tout orthopédique voit le jour.

Le procédé, novateur pour l’époque, de soudure à chaud permettant de créer une cavité à l’intérieur de la semelle débouchera sur un brevet. Les « Docs Maertens » sont nées. S’ensuit un gros succès auprès des sexagénaires de l’Europe toute entière jusqu’à ce qu’en 1959, le fabricant de chaussures anglais Bill Griggs obtienne la licence exclusive de production de ces chaussures. Décidant d’angliciser le nom, la marque devient ainsi « Dr. Martens ».

La première paire à 8 oeillets sort des usines de Wollaston, à côté de Northampton le 1er avril 1960. Pour l’occasion on la baptise « 1.4.60 ».  S’ensuit la remarquable carrière que l’on connait et la multiplication des modèles.

Toutefois, à partir de 2003 la majeure partie de la production est délocalisée en Asie, en Chine et en Thaïlande, et depuis peu au Viêt Nam et en Indonésie. Seules 1 000 paires de chaussures, par semaine, sont encore fabriquées en Angleterre.

Désormais forts de ces infos, qu’alors je ne connaissais pas, reprenons le fil de mon récit !

Dr. Martens acte 2… mes 1460 Pascal Virginia

Dans l’ordre des choses, je préciserai qu’en septembre 2018, j’investissais dans une nouvelle paire de Doc. La raison de ce nouvel achat ? Les semelles intérieures de mes boots vegan s’étaient, au bout de 3 mois, littéralement et de concert décollées. De plus, n’ayant jamais eu de réponse à mes demandes par mail et sur FB auprès du service com’ de Dr. Martens France sur la composition de leur « faux cuir », j’apprendrai bien malgré moi, qu’il était fragile.

Ne me demandez pas comment j’ai pu érafler de la sorte le côté droit de mon pied gauche , je l’ignore moi-même.

3 mois plus tard après l’achat…

De toutes les paires de chaussures (quels qu’en soient l’âge, le style et le prix) que j’ai eues, c’est la première fois qu’une telle loi des séries m’arrive.

Bref, super déçue, mais fataliste et opiniâtre, toujours chez mon fournisseur bordelais préféré qui n’y était pour rien et s’était déjà acquitté de la première réparation, je ferai l’acquisition d’une magnifique paire de 1460 Pascal Virginia noire (prix 170 €), dont la particularité est d’être fabriquée avec un cuir plus souple. Et là, un pur bonheur ! Un confort sans égal évitant les souffrances que l’on connait habituellement avec des Dr. Martens neuves.

Je les adoptais illico et les portais quasiment tous les jours, que ce soit en robe ou en pantalon. Mais le look et la sérénité de mes pieds, seraient, hélas, de courte durée !

Quand le sort a décidé de s’acharner

Il y a quelques jours, alors que je rentrais chez moi en marchant, un bruit bizarre doublé d’une sensation tout aussi bizarre, m’alerte. Je lève le pied gauche et là, stupeur, je constate que ma semelle était littéralement en train de se décoller. Le temps d’un flash, me revient à l’esprit que je portais des pompes cousues, initialement de sécurité, qualifiées d’increvables et impossibles à bousiller, à la réputation toujours aussi vivace.

WTF  comment était-ce possible ?

 

Me trouvant non loin d’un cordonnier, je me dirigeai séance tenante vers son atelier en quête d’une intervention d’urgence. Tandis que j’attendais en chaussette, son diagnostic tombe, sans appel :

« Je ne m’engagerai pas à faire cette réparation, qui plus est sur des chaussures neuves ! Décidément Dr.Martens c’est vraiment plus ce que c’était ! « 

Quand même un cordonnier trouve ça abusé !
Diagnostic sans appel ! Retour au fabricant conseillé !

Pour la seconde fois, je reviendrai  dans la boutique où je les avais achetées. Le patron me proposant sans discuter un échange standard. Hélas, 3 fois hélas, il n’avait plus ma pointure. Qu’à cela ne tienne, j’attendrai le passage du représentant et l’appel qui me signalerait quand mes boots seraient là. Car si je sais qu’il y a d’autres modèles, je suis tombée raide dingue de celui-là.

Opiniâtre, grave patiente et motivée je vous dis !!!  Un appel qui ne tarderait pas, où mon interlocutrice au bout du fil m’apprendrait, désolée (mais pas autant que moi) qu’il me faudrait attendre… un mois… parce que Dr. Martens déménageait et changeait de dépôt…

Que celui ou celle qui m’a jeté un sort se dénonce !

Dr. Martens acte 3… La newsletter

Pour parfaire l’affaire, il faut savoir que, (on est adepte ou on l’est pas… j’en imagine qui disent, pas forcément à tord, on est maso ou on l’est pas), je suis abonnée à la newsletter qui communique sur les nouvelles tendances et les modèles customisés. C’est pourquoi, en ouvrant la dernière lettre intitulée Résistantes. Rebelles. Robustes. et au slogan : Résistantes. Faciles à porter. Faites pour durer, ces boots vous suivront partout où vous irez… j’ai trouvé que la plaisanterie avait assez duré et que :

« les boots tout terrain
sérieusement solides et toujours rebelles »
avaient plutôt sérieusement du plomb dans l’aile !

Vous avez dit Résistantes, Rebelles, Robustes ?

Déprimée par tous les témoignages des gens qui avaient commenté la photo de ma chaussure explosée sur Instagram et mon profil FB, dans un véritable concours de longévité, je décidais à mon tour de raconter mon expérience.

Or quand on cherche on trouve ! Et c’est ce que j’ai fait, en marge des articles de presse et de blogs faisant l’apologie des boots préférées des Sex Pistols. En effet je découvrais que je n’étais ni un cas isolé, ni victime d’une malédiction vaudou. Nous somme en fait légion à avoir du tirer un trait sur nos souvenirs « d’adulescents » et à faire face à la désillusion d’une solidité usurpée, favorisée par les diktats de la rentabilité et de la productivité.

Sid Vicious doit s’en retourner dans sa tombe !

Fucking Hell ! Dr. Martens c’est plus ce que c’était !

La preuve en cliquant sur les liens suivants :

Dr Martens Has Been? 

Votre vie en Dr Martens

Voilà ! Maintenant vous savez tout et vous pouvez agir en connaissance de cause ! Comme moi qui n’ait plus qu’à espérer et à prier que, quand je les aurai enfin reçues : God Save mes Docs !

Et vous ? C’est quoi votre story avec les vôtres ?

Sex Serial Blogueuse

 

 

A propos de l'auteur

Isabelle Camus

Blogueuse en série, obsédée textuelle anglophile, bio, tea & bike addict, écolo geek & digital granny de la génération X. Lady gaga de chats, elle partage sa vie avec Clifton, son rouquin, câlin, taquin de félin.

Commentaires

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  • Merci pour les infos. Effectivement payer le prix du made in Europe de qualité pour un truc façon H&M, c’est navrant…
    Je ne suis pas fan de l’emblématique semelle en pneu, un peu lourde pour mes guibolles je le crains. Mais j’avais cherché un modèle porté par les Babymetal et finalement je suis contente de ne pas l’avoir trouvé… (plus commercialisé). Il faudra que je regarde si Solovair les fabrique.

    • Et quand justement le truc H&M tient mieux le coup que des Doc, comme c’est cas pour moi, qui possède une paire de boots de chez eux (Mea Culpa), c’est encore plus navrant.

      Concernant le poids, le modèle dont je parle en second lieu, est justement très léger et hyper confortable.

      Et sinon on m’a aussi parlé plusieurs fois Solovair, je vais aller faire un tour sur leur site.

      PS : Merci de me suivre Fan Actuel qui m’a bien fait rire avec son histoire de hobby et de hobbit 😉

  • Il faut passer à Solovair ma chère ! J’en parle dans ma rubrique ‘Shoes’ sur mon blog (que vous citez).
    Avec ces pompes vous retrouverez la qualité des années 80.
    Amicalement.

  • Bonjour,

    Je suis moi-même amoureuse des Dr Martens. Je viens (enfin !) de m’en procurer une paire neuve il y a quatre mois de cela. Je les mets tous les jours (ou presque) et elles sont impeccables, simplement vieillies car je fais tout pour casser le cuir. Hormis cela, je suis très étonnée des photos que vous postez. Comment est-ce possible que du cuir aussi rigide (j’ai moi-même opté pour la paire vegan) se pète de cette manière ? Que la semelle se détache en un mouvement de pied ?

    Il y a deux solutions :
    – soit vous marchez très bizarrement et tombez toutes les deux minutes sur une barre de fer
    – soit vous ne faites pas les soins !

    J’opte évidemment pour la deuxième proposition. Des Doc, ça se graisse, ça se nettoie, ça se protège, ça se fortifie… Le prix de l’entretien est totalement abordable, et les chaussures deviennent plus belles et plus solides.

    Par contre, il est vrai que ce cuir, qui n’est pas animal, reste plus fragile. Mes anciennes 1460 8 œillets cuir animal tiendront sûrement plus longtemps que mes nouvelles paires. Si vous êtes insatisfaite de la marque, sachez au moins que vous êtes sur une gamme plus délicat et que vous devez obligatoirement doubler les soins.

    Bien cordialement,

    Une fanatique des Dr. Martens

    PS : Les Dr. increvables n’existent pas cependant, c’est un mythe depuis toujours ^^

    • Ma chère Lou,

      Merci de ce retour sur votre expérience de… 4 mois. Je n’aurais pas lu tous les témoignages des « victimes » et des déçus de Dr. Martens je me serais sentie être une exception, qui même si c’est une piètre consolation, me démontre que tel n’est pas le cas.

      Sachez que je marche tout à fait normalement (et beaucoup depuis toujours) sans tomber toutes les 2 minutes sur une barre de fer et que j’ai des chaussures (qui ne m’ont pas coûté ce prix là) toujours en bon état au bout de plusieurs années. Chaussures que j’entretiens amoureusement, je ne supporte pas d’avoir des chaussures sales, et j’adore les cirer ou nourrir le cuir. Donc désolée, mais vos propositions ne sont pas les bonnes réponses à la situation.

      Sachez aussi qu’au bout de plus d’un mois, je n’ai toujours pas reçu ma paire de Doc et que le patron du magasin, plutôt contrit, où je dois aller les récupérer, s’est non seulement engagé à me payer un verre, mais m’a aussi confié que s’il pouvait se passer de ce fournisseur, il le ferait. Recevoir régulièrement la moitié de ses commandes commence à lui courir sur le haricot.

      On se capte dans quelques mois (voire plusieurs années j’espère) pour voir où en sont nos paires respectives 😉

      Merci de me suivre en tout cas, je ne peux que vous inviter à continuer 🙂

      • Zut, je pensais avoir la solution… J’étais sarcastique quant à la barre de fer, j’espère que vous ne l’avez pas mal pris.

        Je serai ravie de comparer, et je suis certaine que vos prochaines paires tiendront !

        Au passage, vous avez un très beau blog, bonne journée 😉

        • Merci Lou, c’est très gentil ! J’en profite pour vous demander comment vous entretenez le cuir synthétique de vos Doc vegans, j’ai oublié de le faire, et ça m’intéresse.

          Ps : Je n’ai pas du tout mal pris votre humour, j’aurais du mettre un smiley pour vous montrer que je l’avais compris 😉

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Serial Blogueuse Chartrons BordeauxIsabelle Camus (comme Albert) née un 13 juillet (comme Simone Veil). Blogueuse en série 100% éclectique, le nez au vent et toujours à vélo, je me plie en quatre pour vous faire découvrir Bordeaux (mais pas que) en mode Culture, Écologie, Quartiers et Cause des Femmes.
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