© Sevan Selvadjian
What a biotiful world

The Moby Horror Plastic show

© Sevan Selvadjian
© Sevan Selvadjian

Initialement prévue le 1er janvier 2016, l’entrée en vigueur du décret sur l’interdiction des sacs de caisse en plastique à usage unique, qu’ils soient gratuits ou payants, a finalement eu lieu ce 1er juillet 2016.

Un 1er pas important destiné à limiter la consommation de ce dramatique et si pratique dérivé du pétrole et de son corolaire le « tout jetable », même s’il reste encore beaucoup à faire.

Afin de mettre en lumière cette mesure essentielle, voire vitale, pour l’environnement, dans le cadre de la super expo photo « LE VOYAGE D’ETHYLENE » organisée par le Collectif de la Sardine, largement évoquée dans ces colonnes, en collaboration avec Sevan Selvadjian, jeune illustrateur plein d’avenir et de talent, j’ai rédigé un texte*. Un écrit au ton différent de celui qui est habituellement le mien, doté d’un titre (seul élément décalé d’un sujet qui donne plutôt envie de pleurer) nécessitant d’être, il est vrai, fan de comédie musicale déjantée.

Dans le cadre de la Licence Creative Commons, je le reproduis tel qu’il apparait sur le site créé dans la foulée par les sardines au taquet.

Vous pouvez retrouver la trace de toute cette émulation collective dans le livret collector édité pour l’occasion et disponible à la librairie La Machine à Lire, la librairie Mollat, la librairie Olympique, mais aussi chez Le poulailler de Fred,  le magasin bio Maison Hegara et bien évidemment 123, rue Minvielle, au Collectif de la Sardine où je vous embarque pour une visite virtuelle guidée.

livret de l'exposition Le Voyage d'Ethylène

28 Mai THE MOBY HORROR PLASTIC SHOW, par Isabelle Camus

© Sevan Selvadjian
© Sevan Selvadjian

On m’appelle Moby Dick. Ce nom, familier pour certains, je l’ai hérité d’un ancêtre lointain au destin célèbre dont la fin, semble t-il, restera pour toujours un mystère.

Comme mon aïeul, je suis un cétacé. Et comme lui, je suis un cachalot. Autrement dit une baleine à dents, ce qui me distingue de la baleine bleue, blanche, grise ou à bosse qui elle a des fanons. Mais qu’importe ! Tous les deux nous sommes des géants. Bien plus que les éléphants. Des géants dont l’univers sont la mer et l’océan.

Animaux de légende, mi-divins mi-monstrueux pour les hommes qui depuis toujours nous craignent, nous traquent et nous exploitent, nous vivons entre le ciel et l’eau que nous partageons avec les dauphins, les narvals, les requins ou les orques.

Plonger pendant plus d’une heure en apnée à 2 000 m de profondeur ne me fait pas peur et mes petits pèsent à la naissance déjà près d’une tonne.

De quoi effrayer ces mammifères comme j’en suis un aussi, ces êtres soit-disant pensants, qui, à l’évidence, pour compenser leur petitesse n’ont de cesse de détruire, de régenter, de saccager tout ce qui les entoure, à commencer par eux-même.

Je m’appelle Moby Dick et moi, l’héritier du grand cachalot blanc dont on fit une légende, je n’en ai plus pour longtemps. Affamé, affaibli, suffoquant, échoué sur une plage de la côte Atlantique, je suis en train de mourir… Le ventre rempli de sacs plastique.

Texte écrit par Isabelle Camus

Illustration : Sevan Selvadjian

Isabelle Camus Serial Blogueuse

L’auteur : Isabelle Camus

Serial bloggueuse, Isabelle Camus est la fondatrice de la Jugeote, de What a biotiful World et de Chartrons’ place to be et au-delà.

Licence Creative Commons
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*http://levoyagedethylene.fr/2016/05/28/the-moby-horror-plastic-show/

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