Bio-graphie et défi d'une serial blogueuse bordelaise
© Gwladys Le Moulnier
Serial Blogueuse What a biotiful world

SERIAL BLOGUEUSE BIOGRAPHIE = qui je suis + mon défi

Isabelle Camus, serial blogueuse by David Manaud What a biotiful world
© David Manaud.

« On ne naît pas femme on le devient » dixit Simone de Beauvoir dans les années 50, quand bien avant elle au XVIème siècle, Erasme affirmait, « L’homme ne naît pas homme, il le devient »
Que viennent donc faire ici une philosophe romancière et essayiste féministe française et un chanoine régulier de saint Augustin, philosophe, écrivain latin, humaniste et théologien des Pays Bas ?
Juste permettre à l’humble serial blogueuse que je suis (fièrement porteuse du même nom que l’un des plus grands écrivains, philosophes, romanciers, dramaturges, journalistes, essayistes et nouvellistes français du XXème siècle… poke Albert ! ) de leur piquer leur formule pour, à mon tour, l’adapter à ma sauce et en faire :

« On ne naît pas bio on le devient« …

Biographie d’une biowoman végétarienne bien loin de l’avoir toujours été

Le orange à gogo des années 70 dans la vie d'une serial blogueuse
Orange is the new black.

Née en 1960, j’ai vécu en direct live :

  • l’arrivée du formica dans les cuisines détrônant le bois ciré odorant de nos grands-parents,
  • l’invasion du plastique tous azimuts,
  • des sous-pulls à col roulé en lycra,
  • des pantalons patte d’eph en synthétique,
  • du tabouret Tam Tam,
  • des lessives qui lavent plus blanc que blanc à grand renfort de phosphates et de cadeaux Bonux,
  • de la couleur orange à gogo,
  • du mange-disque, du minitel, du walkman, du vinyle, de la K7 audio, de la VHS, du laser disc, du CD, du MP3, du DVD…

Liste non exhaustive que pourront compléter tous les babyboomers de la génération X.

Bordelo bordelaise de naissance, urbaine, rien qu’urbaine, Bordeaux ayant, que ce soit sous Chaban ou Juppé un farouche attrait pour le minéral, la campagne est pourtant loin de m’être terra incognita.

Mes grands parents maternels étant viticulteurs à Pomport, près de Bergerac, au coeur du Périgord pourpre, j’ai, petite fille et ado, passé au vert toutes mes vacances, plus un nombre incalculable de week-ends.

Au point que faire le trajet en marche arrière, les yeux fermés avec les Compagnons de la chanson en fond sonore pour me remettre dans l’ambiance musicale parentale, serait pour moi un jeu d’enfant. Au point aussi, qu’au fin fond de ce coin perdu de Dordogne à très faible densité humaine où la seule distraction des rares jeunes des environs était de faire du trial dans les rangs de vignes, je me suis copieusement ennuyée.

C’est pourtant là que j’ai mangé les meilleures tomates du potager de ma vie, écossé les petits pois, équeuté les haricots verts avec ma mémé, ramassé les oeufs au jaune orange comme une étiquette de Veuve Cliquot, bu le lait des vaches qui broutaient dans le pré d’à côté, gambadé dans l’herbe mouillée jonchée d’orties et de liserons quand il y avait encore des haies et des fossés, et que je me suis repue de tout ce qui peut se cuisiner en matière de viande,  à l’occasion de repas de famille au menu long comme le bras qui duraient jusqu’à 5 heures de l’après-midi.

En résumé, du traditionnel et du naturel,  que le monde entier nous envie, et qu’alors on ne certifiait pas AB même si, de fait, ça l’était. Quant aux vignes, elles étaient traitées à la bouillie bordelaise qui colorait tout en bleu pour produire un vin dans lequel mon grand-père, à table mettait de l’eau, au grand dam de mon père habitué aux grands crus bordelais.

Les errements de consommation d'une serial blogueuse
© Cyril Comtat – Fotolia.

Et puis, l’industrie agro-alimentaire, parangon de notre société moderne surmenée où, plus tu es équipé, moins tu as le temps,  déployant ses griffes acérées,  j’ai, une fois hors du giron culinaire familial, plongé dans tout ce qui peut se faire comme plats et produits préparés, lyophilisés, transformés, raffinés, surgelés, conservés, trop salés, trop sucrés, importés, empaquetés, plastifiés, trafiqués, édulcorés, artificiellement goûteux, marketés et bourrés d’additifs…

Idem pour les cosmétiques ou les produits d’entretiens et d’hygiène ! Capable que j’étais de passer des heures chez un géant de la distribution pour faire mes courses… En un mot, comme en cent, plus c’était grand, plus j’aimais !

Travaillant dans le milieu des produits culturels (Librairie, HMV, FNAC…) je fréquentais assidument  les lieux animés, bruyants et enfumés  qui diffusaient plein pot du rock, de la pop ou de la techno, de quoi secouer la léthargie bourgeoise de la « belle endormie »,  petit nom de la capitale aquitaine jusqu’à il y a encore peu.

Une situation, qui, par réaction, en fit  la capitale du rock pendant des décennies.  Bref après avoir goûté à tout,  j’ai commencé à m’interroger sur comment je vivais et sur ce que j’ingurgitais.

Take a walk on the bio side

D’abord grâce à ma 1ère maternité (je suis à ce jour, l’heureuse et fière maman de trois grands enfants : deux filles et un garçon, et non moins fière mamie gaga d’un petit fils) où, fervente adepte de l’allaitement, j’étais consciente de ma responsabilité vis à vis de ma chair et de mon sang.

Puis touchée par la cause animale, révoltée par les conditions concentrationnaires et l’impact de l’élevage sur l’environnement et les pays émergents,  j’ai amorcé une réflexion sur ce que je consommais dans tous les sens du terme.

Privilégiant dans un premier temps les poulets nourris au grain qui avaient picoré en plein air, le poisson sauvage et le veau élevé sous la mère. Puis en devenant complètement végétarienne (no meat, no fish), il y a maintenant plus de 20 ans de ça. Idem pour mon addiction à l’herbe à Nicot, blindée d’agents de saveurs et de métaux lourds, drogue autorisée d’une industrie meurtrière et polluante que j’ai troquée contre un PC et mes premiers pas de geek. Exit du coup le café noir. Welcome to the tea sous toutes ses variétés, bu par théières entières devant l’écran de mes journées et de mes nuits passées sur l’ordi, principal outil de mon activité professionnelle d’aujourd’hui.

Rustine peace serial blogueuse
Le vélo, mon mode de transport préféré depuis toujours.

Sans oublier la voiture, abandonnée depuis des décennies au profit du vélo, ce mode de locomotion zéro émission de CO2. Cet objet, symbole de liberté, que je trouve si beau, dont je ne compte plus combien je m’en suis faits voler, (mais qu’importe, je préfère faire vivre l’industrie de la petite reine que celle du tout-auto)  et à qui je voue, depuis toujours, un indéfectible amour.

A quoi je rajouterai pour finir cet inventaire à la PréVERT, mes lectures et tous les articles sur les sujets propres à changer les paradigmes et à défendre l’environnement que j’ai signés à la pointe de mon épée ma plume.

Thématiques illustrées via mes rencontres avec des personnalités telles que Marie-Monique Robin, Jean-Marie Pelt, Yann Arthus Bertrand, Nicolas Hulot, Eva Joly, Hubert Reeves, Erik Orsenna, Pierre Rabhi, Jean-Marc Jancovici, Yannick Roudaut … ou de gens moins connus mais qui gagnent tous à l’être plus, que j’ai faites au cours de ces dix dernières années en tant que journaliste/serial blogeuse. Voire juste citoyenne engagée/concernée.

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Mais n’allez pas croire que je sois devenue nonne bouddhiste !

Le bon vin fait toujours partie de mon panthéon des plaisirs de la vie, je dois être une des rares végétariennes qui mangerait des huitres sur la tête d’un chauve.

Et si ma mère et ma grand-mère cuisinaient comme des chefs, même si je privilégie les produits bio et locaux, j’ai d’énormissimes progrès à faire aux fourneaux devant lesquels je passe le moins de temps possible, ayant toujours partagé ma vie, vous allez tout savoir, avec des cordons bleus qui touchaient leur bille en cuisine.

Ma tout doux liste de  serial blogueuse rébiolutionnaire

Mon défi zéro déchet de serial blogueuse
Less is more !

Aujourd’hui, ça fait plus de 30 ans que je vis aux Chartrons, le quartier place to be devenu au fil des années le plus bobobio de Bordeaux. Et mon but, mon objectif, ma feuille de route pour un monde plus bio au sens large du terme, où moins égal plus, où bon égal sain, où produire égal s’enrichir différemment sans épuiser les ressources de la terre, ni exploiter son prochain, lorgnent vers le zéro déchet.

Une décision qui s’est imposée à moi, suite, en cette fin d’année 2015, à ma rencontre avec Béa Johnson lors de son passage à Bordeaux, pour une conférence qui donnera lieu à un article à venir.

Une mutation globale impliquant de s’alléger à tous les niveaux et d’intégralement réorganiser sa vie… Une (r)évolution qui ne se fait pas en claquant des doigts, un défi que je m’engage à relever et que je vous ferai partager au fil des rubriques de ce site.

Car si je sais que l’on doit tous mourir de quelque chose, c’est d’ailleurs l’argument principal des climato et des bio sceptiques, je préfère le faire en me disant que j’aurai tout fait pour inverser la vapeur, et laisser cet endroit, aujourd’hui dramatiquement ravagé,  en meilleur état que celui dans lequel vont devoir grandir nos enfants.

Animation du graphiste/illustrateur Steve Cutts à l’appui ⤋

Allez ! Après ce constat pour le moins plombant de réalisme mais pour finir sur une note positive, je vous propose de regarder le teaser de l’euphorisant documentaire Demain.  Un film que je ne peux que vivement vous inviter à aller voir en salle (ce que j’ai fait 2 fois en une semaine tellement il m’a emballée) et dont je me suis même fait offrir le livre à Noël, c’est dire ! … En attendant que le DVD sorte en avril.

Véritable phénomène qui, pendant 2 heures réinvente le monde en prouvant qu’un peu partout des solutions existent et dont on ressort boostés, inspirés, galvanisés, avec l’envie de faire sa part.

C’est tout le propos de cette rubrique de mon blog de Serial blogueuse, à qui je n’ai pas donné le nom de What a biotiful world pour des prunes 😉

 

Crédit Photo de une © Glwadys Le Moulnier

A propos de l'auteur

Isabelle Camus

Serial blogueuse, anglophile bio & bike addict, écolo geek & digital granny de la génération X. Lady gaga de chats et tout particulièrement de Clifton, son rouquin taquin et câlin de félin.

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